Dans le précédent épisode de cette série d’articles dédiée au Blended Learning, je proposais une matrice constituée de 2 axes : environnement “espace-temps” et environnement “humain et relationnel”.
Cette matrice n’est qu’une trame destinée à réfléchir aux différents composants de votre solution Blended Learning. Considérez donc qu’il s’agit d’un échiquier sur lequel vous placez vos propres pièces, et déterminez la nature de ces pièces.
J’avais d’ailleurs commencé à diversifier les éclairages en traitant de l’apprentissage informel et du tutorat. Je vous propose de continuer avec quelques variations supplémentaires.
Tout d’abord, une version anglaise à la demande de quelques lecteurs. Puis un éclairage sur le Mobile Learning, et enfin une variation sur le thème du Serious Game, comme suggéré par un commentateur.
Version anglaise

Mobile Learning
Par Mobile Learning, j’entends ici l’usage de matériel mobile de type SmartPhone, c’est à dire de matériel que l’on a toujours sur soi, qui est toujours allumé et “connecté”. Cela exclut les tablettes tactiles.

Le Mobile Learning trouve son principal intérêt sur le lieu de travail pour les travailleurs mobiles. Ceux-ci restent ainsi “connectés” et peuvent accéder à diverses formes de soutien : documentation, support d’expert, base de connaissances, communauté de pratique, etc.
Autre axe important : le mobile est par définition un outil social, qui permet aux individus de communiquer et de partager de manière informelle. Twitter propose un format de discussion particulièrement adapté (i.e. court) et est de fait massivement utilisé sur mobile.
Dernière zone potentiellement propice à l’usage du Mobile Learning : les échanges entre apprenants et tuteurs, de manière individuelle ou collective. Une séance de coaching par téléphone (e.g. cours d’anglais), des relances par SMS, un débrieffing téléphonique, un groupe Facebook comme support à un groupe de travail, etc. Voici autant de possibilités offertes par le Mobile Learning.
Serious Game
Voici un sujet particulièrement intéressant que nous allons confronter à notre matrice à la demande d’un lecteur, pour voir ce que cela révèle. Les modalités Serious Game sont indiquées “SG” dans la matrice.

La matrice nous force à sortir d’une vision pré-conçue du Serious Game et à envisager plusieurs modes de jeu. En particulier :
- Le SG autonome n’implique que l’apprenant qui est confronté à des scénarios de jeu, éventuellement des avatars. L’apprentissage est autonome.
- Le SG encadré, qui redonne toute sa place au tuteur : configuration d’un scénario sur mesure pour le joueur, (dé)brieffing avant et après le jeu, mais aussi participation directe du tuteur dans un mode multi-joueurs, en occupant un rôle précis dans le jeu.
- Le SG en groupe, dans une optique d’entraînement ou d’acquisition de compétences collaboratives, permet aux joueurs du groupe de confronter leurs résultats et d’échanger en dehors du jeu, mais aussi dans certains cas d’agir à plusieurs et en temps réel dans le cadre du jeu (mode multi-joueurs).
- Enfin, le SG social, qui ne vise pas nécessairement une acquisition de compétences, mais plus souvent un objectif de communication et d’échanges, existe en mode mono-joueur avec échanges asynchrones en dehors du jeu (forum, chat, groupe Facebook) et partage des résultats (classement). Mais son impact est décuplé lorsqu’il est exploité en mode multi-joueurs.
Conclusion
On voit une fois de plus que l’intérêt de cette matrice n’est pas de fournir une “grille d’ingrédients” parmi lesquels il suffirait de choisir, mais plutôt un cadre de réflexion qui pousse à imaginer les modalités dans toutes leurs déclinaisons possibles.