Mon Tableau de Bord

Le Blended Learning pas à pas : épisode 2

Dans le premier épisode de cette série d’articles sur le Blended Learning, nous avons considéré les différentes modalités pédagogiques en analysant l’environnement “espace-temps” de l’apprenant.

Aujourd’hui, je vous propose d’aborder la question sous un autre angle, celui de l’environnement humain de l’apprenant.

Etape 1 : Activités Autonomes vs Non-autonomes

Le terme e-Learning rime encore pour beaucoup avec la notion d’auto-apprentissage. En d’autres termes, l’apprenant consulte des contenus, seul devant son écran. Il s’agit là d’une activité autonome, dans le sens où elle ne requière pas nécessairement la présence du formateur.

A l’inverse, il est aujourd’hui reconnu que la place des relations humaines est primordiale pour soutenir l’apprentissage. C’est pourquoi de nombreuses organisations mixent aujourd’hui les modalités “auto-apprentissage” et “formation traditionnelle”, combinaison de base du Blended Learning. Les activités « autonomes » sont complétées par des activités « non-autonomes », par exemple basées sur la présence d’un formateur.

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Les modalités inscrites dans les cases blanches des tableaux, pour l’intégralité de cet article, ne sont que des exemples. « Cours présentiel » pourrait tout aussi bien être remplacé par « classe virtuelle ». Ce n’est pas la notion de distance qui est ici importante, mais celle de l’autonomie vs relations à autrui pour des activités pédagogiques.

Etape 2 : Réception vs Echanges

La relation à autrui dans le cadre d’activités pédagogiques peut s’exprimer de diverses manières. Dans certains cas, l’apprenant est essentiellement un récepteur des informations transmises par le formateur. Dans d’autres cas, il y a réellement échanges entre apprenant et formateur et/ou autres apprenants.

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Etape 3 : Individuel vs Collaboratif

Le plus souvent, le principal interlocuteur de l’apprenant est le formateur car c’est lui qui transmet le savoir et guide l’apprenant. Le processus d’apprentissage est alors individuel.

Toutefois, il ne faut pas écarter des approches plus collectives (e.g. par groupe) comme les ateliers, projets, etc. Le processus d’apprentissage est alors collaboratif et il s’agit là d’un vrai facteur de dynamisation de la formation.

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Etape 4 : Formation vs Partage libre

Notons enfin que l’apprentissage collaboratif est généralement encadré par un formateur qui fixe les objectifs et anime l’activité pédagogique. La collaboration s’inscrit donc, dans ce cas, dans un cadre clairement défini.

Toutefois, tout le monde reconnait aujourd’hui l’importance de l’apprentissage dit “social”. En clair, il s’agit des échanges entre collègues ou homologues, autour de la machine à café ou sur un forum de discussion, qui apportent des réponses et font évoluer nos compétences sans pour autant s’inscrire dans un cadre formel de formation.

Il s’agit bien d’une forme d’apprentissage, mais sous le registre du partage spontané de connaissances et non celui d’un transfert de connaissances contrôlé.

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Conclusion de l’épisode 2

Encore et toujours, il s’agit là d’une vision très schématique, mais elle permet de délimiter 5 segments sur notre axe “environnement humain de l’apprenant” et d’imaginer diverses modalités prenant place sur cet axe.

Les modalités que j’ai placées dans les cases blanches des schémas ci-dessus ne sont bien sûr, je le rappelle, que des exemples. Les modalités en présentiel sont la plupart du temps transposables en distantiel (ex. cours > webinar, machine à café > forum, etc.) et ce n’est pas ici la notion de distance qui nous intéresse mais les relations aux autres.

La suite au prochain épisode…

Révision les 10 et 18/03/2011 : reformulations

Commentaires (3)

  1. Bonjour Sébastien,

    Tu écris « l’apprenant consulte des contenus, seul devant son écran. Il est autonome. » et aussi « En présentiel, l’apprenant n’est plus autonome. Il est dépendant du formateur. »

    Il me semble trop rapide de lier l’autonomie à la distance et la dépendance au présentiel.

    D’une part, l’apprenant à distance est aussi dépendant, sinon du formateur, du moins des intentions du concepteur. D’autre part, le formateur en présentiel peut recourir à des activités laissant à l’apprenant la possibilité d’exercer son autonomie.

    A mon sens, ce n’est pas la modalité distancielle ou présentielle qui influe sur l’exercice de son autonomie par l’apprenant mais l’orientation de l’approche pédagogique du concepteur ou du formateur.

    De la même manière, il me semble nécessaire de distinguer l’autonomie de l’auto-apprentissage.

    Si un autodidacte est par définition un apprenant autonome, l’inverse n’est pas exact. Un apprenant peut être tout à fait autonome mais ressentir le besoin de s’inscrire dans un dispositif de formation, c’est-à-dire ne pas être autodidacte.

    L’autodidacte, de son côté, tient à distance toutes les institutions de formation. Lorsqu’il arrive qu’il recherche la reconnaissance de ces institutions (obtention d’un diplôme par la voie de la VAE), c’est bien plus pour valider ses compétences construites en dehors de tout système de formation, que pour se donner l’occasion d’un nouvel apprentissage.

    A bientôt
    Jacques

    • Bonjour Jacques,

      Merci pour ton commentaire. Je suis d’accord sur le fond avec tes remarques et je pense que les termes et formulations que j’ai utilisés sont maladroits ou pas assez précis.

      Je vais essayer de clarifier ça.

  2. @Jacques

    J’ai reformulé légèrement l’article, notamment l’étape 1, pour clarifier mon propos.

    Concernant l’autonomie, je préfère parler d’Activités autonomes et Activités non-autonomes, constituant le mix. Il ne s’agit pas d’un jugement sur l’autonomie de l’apprenant en tant que tel, mais une caractérisation des activités d’un blended learning. Et bien sûr, il s’agit en fait plus d’un continuum (activités plus ou moins autonomes), pas d’un schéma noir ou blanc. Les traits du tableau devraient être en pointillés car il s’agit de frontières poreuses.

    Je suis d’accord sur le fait qu’il n’y a pas de lien avec distantiel ou présentiel. Cet article, contrairement au premier, traite de l’aspect relationnel, non de l’aspect géographique. Les modalités citées ne sont que des exemples.

    Qu’en penses-tu ? Est-ce que la reformulation te parait plus claire ?

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